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Les Airbnb en copropriété : la loi Le Meur

Ce qu'il faut savoir sur les nouvelles règles instaurées en 2024

Depuis quelques années, la location de courte durée via des plateformes comme Airbnb a suscité de nombreux débats en France, notamment dans les grandes villes où la pression immobilière est forte. Le phénomène a fait émerger des problématiques de voisinage, d'urbanisme et de gestion des copropriétés. Pour encadrer cette pratique, les législateurs ont mis en place plusieurs réformes visant à réguler l'usage des logements en location saisonnière, en particulier au sein des copropriétés. Ces nouvelles règles sont désormais plus strictes et ont des conséquences importantes tant pour les propriétaires que pour les syndics de copropriété.

Les lois récentes sur la location saisonnière : un cadre juridique plus précis

  1. La loi Elan de 2018 : un premier pas vers l'encadrement
    La loi pour l'évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (loi Elan) a marqué un tournant dans la régulation des locations de courte durée. Elle a notamment imposé une déclaration préalable en mairie pour toute mise en location saisonnière dans les grandes villes. Les propriétaires doivent désormais signaler l'intention de louer leur bien à des fins de location de courte durée.

  2. La loi Climat et Résilience de 2021 : une évolution nécessaire
    La loi Climat et Résilience, promulguée en 2021, a renforcé les obligations des propriétaires de logements en copropriété. Elle a notamment élargi les pouvoirs des municipalités pour limiter la transformation de logements en locations touristiques.

  3. La loi Le Meur : un renforcement de l'encadrement de la location en copropriété
    La loi Le Meur du 10 février 2023 a été une étape importante pour répondre aux préoccupations des copropriétaires et des syndicats de copropriété concernant les locations de courte durée, telles que celles proposées sur des plateformes comme Airbnb. Cette loi a introduit des modifications significatives pour encadrer encore davantage l'utilisation des appartements en location saisonnière.

    Les principales mesures de la loi Le Meur :

    • Renforcement du droit de veto des copropriétaires : L'une des principales avancées de cette loi est la possibilité pour les copropriétaires de s'opposer plus facilement à la location de courte durée d'un bien dans leur immeuble. Selon la loi Le Meur, un propriétaire souhaitant proposer une location courte durée doit désormais obtenir l'accord express de l'assemblée générale des copropriétaires. Un simple vote à la majorité qualifiée (2/3 des voix) est requis, rendant ainsi plus difficile la mise en location sans le consentement des autres copropriétaires.

    • Modifications du règlement de copropriété : La loi Le Meur encourage également les copropriétés à insérer des règles claires concernant la location saisonnière dans leur règlement intérieur. Les syndics sont désormais obligés d'informer les copropriétaires de la possibilité de modifier le règlement pour y inclure des restrictions ou interdictions spécifiques à la location touristique.

Sanctions renforcées en cas de non-respect des règles : En cas de violation des règles relatives à la location saisonnière, la loi prévoit des amendes significatives à l'encontre des propriétaires récalcitrants, allant jusqu'à plusieurs milliers d'euros. La loi Le Meur permet également aux syndics de copropriété de faire appliquer ces sanctions directement, sans avoir à passer par une procédure judiciaire longue.

Les nouvelles modifications législatives sur la location en copropriété

Les modifications récentes concernent principalement l'équilibre entre les droits des propriétaires d'immeubles et ceux des copropriétaires. Voici les principaux changements :

  1. L'accord préalable de l'assemblée générale de copropriété
    Jusqu'à récemment, les propriétaires pouvaient louer leur bien sur des plateformes de location de courte durée comme Airbnb sans avoir besoin d'une autorisation explicite de la copropriété. Toutefois, une modification importante a été introduite dans la loi pour préciser que l'assemblée générale des copropriétaires doit désormais donner son accord avant qu'un appartement soit mis en location pour de courtes durées. En d'autres termes, il n'est plus possible de louer son bien à des fins touristiques sans obtenir l'approbation préalable de l'assemblée générale.

  2. Les conditions de majorité pour la prise de décision
    L'assemblée générale doit désormais se prononcer sur cette autorisation selon une majorité qualifiée. Une majorité simple (50% des voix) peut suffire pour autoriser une location courte durée dans un immeuble, sauf si le règlement de copropriété impose une règle plus stricte. Cela permet de donner plus de poids aux décisions collectives, notamment dans les immeubles où la location saisonnière peut poser des problèmes de nuisance ou d'utilisation excessive des parties communes.

  3. L'adaptation du règlement de copropriété
    Une autre évolution importante concerne l'intégration de restrictions relatives à la location de courte durée dans le règlement de copropriété. De plus en plus de copropriétés mettent à jour leur règlement pour interdire ou encadrer plus strictement ce type de location. Les syndics de copropriété sont désormais incités à veiller à l'intégration de telles règles dans les documents officiels de l'immeuble.

Des sanctions renforcées en cas de non-respect des règles
En cas de non-respect de ces nouvelles obligations, les sanctions sont désormais plus sévères. Les propriétaires qui ne respectent pas les règles de la copropriété peuvent se voir imposer des amendes ou être contraints de cesser leur activité de location touristique. Certaines municipalités, comme Paris, sont particulièrement vigilantes sur ce point et n'hésitent pas à infliger des amendes substantielles aux propriétaires qui ne respectent pas les règles de déclaration et d'autorisation.

Les problèmes liés à l'installation des boîtes à clés

L'essor des locations de courte durée via des plateformes comme Airbnb a entraîné des pratiques parfois problématiques, notamment en ce qui concerne l'installation des boîtes à clés. Ces dispositifs sont utilisés par de nombreux hôtes pour faciliter l'accès au logement des voyageurs, en permettant une remise de clés autonome, sans nécessiter la présence du propriétaire ou d'un gestionnaire.

Cependant, l'usage des boîtes à clés dans les copropriétés peut engendrer plusieurs problèmes notables :

  1. Sécurité et accès non contrôlé : L'une des préoccupations majeures concernant les boîtes à clés réside dans le manque de contrôle sur les personnes accédant à l'immeuble. En dehors des locataires enregistrés, il peut arriver que des invités non autorisés ou des sous-locataires utilisent la boîte à clés pour pénétrer dans les parties communes ou accéder à un appartement sans supervision. Cela peut poser des risques de sécurité pour les résidents permanents, d'autant plus si l'accès à l'immeuble est libre ou mal sécurisé.

  2. Nuisances pour les voisins : La facilité d'accès offerte par les boîtes à clés, combinée à l'arrivée et au départ fréquents des locataires de courte durée, peut causer des nuisances sonores. Les allées et venues incessantes à toute heure, notamment lors des enregistrements tardifs ou des départs tôt le matin, peuvent perturber la tranquillité des autres copropriétaires. De plus, certains invités peuvent laisser des déchets dans les parties communes ou ne pas respecter les règles de vie de la copropriété.

Conflits avec la copropriété : L'installation de boîtes à clés peut également créer des tensions entre propriétaires et copropriétaires. Si cette installation n'est pas préalablement approuvée par l'assemblée générale, elle peut être perçue comme une atteinte à l'intégrité de l'immeuble ou à la tranquillité des résidents. En cas de désaccord, la copropriété peut exiger le retrait de la boîte à clés ou imposer des restrictions sur son usage.

L'impact pour les copropriétaires et les syndics

Les modifications législatives récentes renforcent donc la régulation des locations Airbnb dans les copropriétés, avec un objectif de mieux concilier les droits des propriétaires et le bien-être des autres copropriétaires. En effet, la location saisonnière peut engendrer des nuisances telles que le bruit, le non-respect des parties communes ou encore l'augmentation de la rotation des occupants, qui peuvent perturber la tranquillité des résidents permanents.

Les syndics de copropriété jouent désormais un rôle clé dans la gestion de ces locations. Ils sont responsables de veiller à l'application des nouvelles règles, de s'assurer que les assemblées générales abordent ces questions de manière adéquate, et de suivre de près les demandes d'autorisation de location de courte durée. Les syndics doivent également s'assurer que les règlements de copropriété sont à jour et respectent les nouvelles législations.

Les conclusions de ces changements

Les modifications récentes de la législation sur la location Airbnb en copropriété, et en particulier l'introduction de la loi Le Meur, marquent un tournant dans la régulation de la location de courte durée en France. Les propriétaires souhaitant louer leur bien doivent désormais faire face à des démarches administratives plus complexes et obtenir l'accord explicite de leur copropriété avant toute location. De plus, des pratiques telles que l'installation de boîtes à clés peuvent poser des défis supplémentaires, tant en matière de sécurité que de gestion des nuisances